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Le leader syndical Jean Rémy Yama dans le collimateur du pouvoir gabonais

En conférence de presse mardi, Jean Rémy Yama, président de Dynamique unitaire, la plus grande centrale syndicale des fonctionnaires gabonais, s’en prenait au mutisme du chef de l’État face aux revendications des travailleurs, allant jusqu’à affirmer : « Ali Bongo Ondimba est mort, il n’existe plus. » La réaction du gouvernement n’a pas tardé.

Dans une déclaration mercredi soir, le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, a annoncé des poursuites contre Jean Remy Yama pour propagation des fausses nouvelles.

« Monsieur Jean Rémy Yama, président de Dynamite unitaire, a fait une déclaration en affirmant que cette confédération syndicale avait l’intime conviction que Monsieur le président de la République, Ali Bongo Ondimba, est mort. Une telle déclaration sans aucun fondement dénote, une fois de plus et une fois de trop, une volonté manifeste de créer le trouble et la confusion dans l’esprit des populations. L’attitude ainsi affichée par Monsieur Jean Rémy Yama l’expose à des poursuites pénales pour propagation de fausses nouvelles. Le gouvernement de la République condamne avec fermeté cette volonté manifeste de défier l’autorité de l’État. […] Les auteurs seront poursuivis et la loi sera appliquée avec la plus grande rigueur. »

Cette déclaration du ministre est intervenue alors que la veille, quelques heures seulement après la conférence de presse de Jean Rémy Yama, des hommes armés ont effectué une descente musclée au domicile du leader syndical, en pleine nuit. Jean Rémy Yama se cache maintenant, et Marcel Libama, un des responsables de la Dynamique unitaire, la confédération syndicale des agents publics gabonais, se déclare inquiet.

« Des hommes en arme ont débarqué chez lui à 5h du matin, c’est au nombre de cinq qu’ils ont fouillé partout. Manque de pot pour eux, Jean Rémy Yama n’avait pas passé la nuit chez lui. Donc en ce moment, là, nous sommes inquiets sur la sécurité du président Jean Rémy Yama. Et ces gens, ils n’ont jamais avec eux un mandat d’arrêt, ils n’ont jamais avec eux un mandat de perquisition. Tout se passe en toute illégalité, à des heures induites. Monsieur Yama a une adresse, Monsieur Yama a des responsabilités, il suffit de convoquer Yama, de lui adresser une convocation en bonne et due forme. Monsieur Yama se présentera. Monsieur Yama s’est déjà présenté à plusieurs convocations, nous ne voyons pas pourquoi faire de tels gestes qui n’ont pas lieu d’être. Donc l’utilisation abusive, disproportionnée de la force, participe à cette volonté de faire taire toute voix dissonante. Et Jean Rémy Yama ne va pas se laisser intimider. »

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