AFRIQUE

Soudan: la vie reprend après la suspension du mouvement de désobéissance civile

Le Soudan reste toujours dans une situation de blocage. Après le massacre du 3 juin perpétré par les militaires au pouvoir et qui a fait plus de 100 morts, les manifestants civils avaient lancé dimanche 9 juin une grande campagne de désobéissance civile couplée d’une grève. Cette campagne a été suspendue et la vie a repris dans le pays. A Khartoum, les gens sont partagés par rapport à cette décision.

Les civils ont-ils bien fait de lever leur mot d’ordre ? Ou bien fallait-il durcir le mouvement et risquer appauvrir un peu plus les Soudanais ? Mohamed Ibrahim est favorable au pouvoir civil et selon lui,  les leaders du mouvement ont fait preuve de faiblesse.

« L’opposition n’a pas obtenu de résultat, la preuve même est l’échec de cette désobéissance civile. L’arrêt de la désobéissance civile signe l’échec de cette opération. J’aurais préféré qu’y ait une paralysie totale du fonctionnement de l’Etat qui pousserait le Conseil militaire de transition à faire des concessions. Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est que ce sont les gens qui sont à tête de désobéissance qui font des concessions », nous explique-t-il.

Latifa Yousra recherche des chaussures dans le souk dont les boutiques viennent de rouvrir après plusieurs jours de fermeture. Elle préfère renvoyer civils et militaires dos à dos.

« C’est un échec partagé. Après avoir commis ce massacre, les militaires ont perdu la confiance du peuple. La coalition civile,  elle, avait eu des opportunités pour créer un gouvernement, mais elle ne les a pas saisies. Les civils ont fait preuve d’entêtement car ils ne peuvent pas écarter le Conseil militaire en lui demandant de quitter le gouvernement. Le CMT se considère comme partenaire du soulèvement. Il aurait fallu accepter de partager le pouvoir. Mais maintenant on ne sait plus ce qui va se passer », déplore la jeune femme.

Pour autant, on est encore loin du dialogue entre les deux camps. Même si la médiation éthiopienne a annoncé une reprise des négociations très bientôt, mercredi soir, la coalition civile a rappelé qu’elle n’avait aucune confiance en le CMT et qu’il n’y aurait aucuns pourparlers directs, seulement des contacts à travers des intermédiaires.

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