À Uvira, face à la recrudescence des violences sexuelles et basées sur le genre dans un contexte marqué par l’instabilité et l’impunité, le Centre psychiatrique SOSAME a formé 35 acteurs locaux le weekend dernier. Issus des secteurs de la santé, de la justice, de l’éducation, des médias, de la société civile et des confessions religieuses, ces professionnels ont été outillés en matière de prévention, d’identification et d’accompagnement psychosocial des survivants, afin de renforcer une réponse collective et de faire évoluer les mentalités.
Face à une recrudescence préoccupante des violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG), 35 acteurs locaux ont été formés à Uvira afin de renforcer leurs capacités en matière de prévention, d’identification et de prise en charge des survivants.
Organisé du 25 au 27 mars 2026 dans la salle de l’auditorium de la femme de la mairie, cet atelier a réuni des participants issus de divers secteurs, notamment la santé, l’éducation, la justice, la société civile, les médias, les organisations féminines et les confessions religieuses. L’initiative est portée par le Centre psychiatrique SOSAME, dans le cadre de son programme de lutte contre les VBG à travers les soins de santé mentale et le soutien psychosocial.
Selon Pacifique Birindwa Zagabe, Program Manager de SOSAME au Sud-Kivu, la ville d’Uvira évolue dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire, les conflits armés et les déplacements massifs de populations, favorisant un climat d’impunité.
« Les femmes et les filles restent les principales victimes, exposées à des violences multiformes, notamment sexuelles, psychologiques, économiques et conjugales », a-t-il indiqué, soulignant l’urgence d’une action collective.
Durant trois jours, les participants ont été formés sur les concepts clés liés aux VBG, leurs causes et conséquences, ainsi que sur les mécanismes de prévention, d’identification, de documentation et d’orientation des survivants. L’approche centrée sur les survivants et ses principes directeurs ont également été au cœur des échanges.
La formation a été animée par Françoise Bukuru Mwimule et Joséphine Mungubi, membres de l’Union des femmes des médias pour la paix au Sud-Kivu (UFMP-Uvira), reconnues pour leur engagement en faveur des droits des femmes.
Outre les aspects théoriques, les participants ont été outillés sur la gestion des cas, la communication ainsi que les services holistiques offerts par SOSAME, incluant l’accompagnement médico-neuropsychiatrique, psychologique, socio-économique et la psychoéducation.
Les échanges ont également permis de mettre en évidence l’impact des stéréotypes et des perceptions sociales dans la perpétuation des violences. Les facilitatrices ont insisté sur la nécessité de déconstruire ces préjugés afin de favoriser des comportements protecteurs envers les survivants.
À l’issue de la formation, les participants ont exprimé leur satisfaction et leur engagement. « Cette formation nous a ouvert les yeux sur des réalités que nous banalisions parfois », a confié John Abwe, professionnel des médias à Uvira.
De son côté, une infirmière du centre de santé 8e CEPAC de Kalundu a salué des « outils concrets » permettant désormais d’identifier et d’orienter efficacement les cas. Cet atelier s’inscrit dans un programme mis en œuvre par SOSAME de novembre 2025 à avril 2026, visant à améliorer l’accès aux soins de santé mentale et au soutien psychosocial pour les survivants des VSBG.
Fort de plus de 30 ans d’expérience, SOSAME réaffirme son rôle dans la réponse aux crises humanitaires au Sud-Kivu. Son directeur général, le Révérend Frère Elie Lowakondjo Lukangaka, a rappelé que « la lutte contre les VSBG passe par un engagement collectif et un changement des mentalités ».
L’organisation insiste également sur l’importance de la santé mentale dans cette lutte, estimant qu’aucune réponse ne peut être complète sans un accompagnement psychosocial adapté.

