Une mission conjointe de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a été déployée à Uvira pour préparer la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu dans l’est de la RDC. Exploratoire, la mission doit évaluer les conditions d’un futur déploiement, dans l’espoir de consolider une trêve encore fragile.
Une délégation de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) est arrivée ce mardi 24 février à Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, dans le cadre d’une mission conjointe avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) destinée à préparer le suivi du cessez-le-feu, alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans la région.
La délégation onusienne a été accueillie à la frontière avec le Burundi par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, qui a alerté sur la progression signalée des rebelles de l’AFC/M23 vers les localités proches de la ville.
« L’AFC/M23 se retrouve à Sange, à une vingtaine de kilomètres de la ville d’Uvira, et à Lemera, à une dizaine de kilomètres », a déclaré le gouverneur devant les représentants des Nations unies.
Dans un communiqué publié à Kinshasa, la MONUSCO et la CIRGL indiquent que cette mission exploratoire se déroule du 23 au 27 février 2026 et vise à préparer le déploiement d’un mécanisme conjoint chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu dans l’est du pays. L’initiative intervient après consultation avec le président congolais et président en exercice de la CIRGL, Félix Tshisekedi.
Les équipes déployées doivent évaluer plusieurs aspects essentiels au fonctionnement du futur dispositif, notamment l’accès aux zones concernées, les conditions de sécurité, les besoins logistiques ainsi que la coordination avec les autorités locales et les différents acteurs présents sur le terrain.
La mission s’inscrit dans le cadre de la résolution 2808 adoptée en 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui autorise la MONUSCO à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent.
Selon l’organisation, cet appui concerne notamment le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu ainsi que le mécanisme élargi de vérification conjoint mis en place après la signature du Cadre de Doha pour un accord de paix global en novembre 2025.
Durant leur séjour à Uvira et dans ses environs, les experts analyseront également les dynamiques politiques, sécuritaires et socio-économiques afin d’orienter les décisions sur les prochaines étapes du processus. La cheffe intérimaire de la MONUSCO en RDC, Vivian van de Perre, souligne que la surveillance effective du cessez-le-feu constitue un élément clé pour réduire les violences et ouvrir la voie à une solution politique durable dans la région.
Elle rappelle que, contrairement aux provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le mandat de la mission au Sud-Kivu est principalement axé sur le suivi du cessez-le-feu et non sur les opérations directes de protection des civils.
Les responsables de la MONUSCO et de la CIRGL insistent toutefois sur le caractère exploratoire de la mission. L’ampleur et les modalités d’un éventuel déploiement ultérieur dépendront des conditions de sécurité et des accords entre les différentes parties. Le secrétaire exécutif de la CIRGL, Mubita Luwabelwa, a pour sa part appelé à renforcer la coopération régionale afin de consolider la paix dans la région des Grands Lacs.
Dans un contexte marqué par la progression signalée des rebelles aux abords d’Uvira, cette mission pourrait constituer une étape importante dans les efforts diplomatiques et sécuritaires visant à stabiliser l’est de la RDC.


