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RDC : à cause de la guerre, des étudiants se retrouvent dans le désarroi

Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les étudiants des zones sous occupation de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) n’ont pas encore clôturé la dernière année académique. Ils sont des centaines, éparpillés à travers le pays depuis l’intensification des affrontements entre le M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) depuis le dernier trimestre de l’an 2022.

Venu du territoire de Rutshuru, une zone sous contrôle des rebelles M23, ils sont nombreux ces étudiants et enseignants d’universités qui ne savent plus à qui s’adresser quant à la suite des activités académiques. Partis en catastrophe depuis novembre dernier, pour la plupart, la clôture de l’année académique 2021-2022 reste hypothétique. Le programme des cours était presqu’à la fin dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur.

John Koraho, enseignant à l’Université de Grands-lac (UGL) de Rutshuru, établissement qui accueille des centaines d’étudiants chaque année, vit actuellement dans une famille d’accueil à Goma. Pour lui, la situation sécuritaire dans le territoire de Rutshuru aura un impact sur les effectifs d’étudiants dans les années à venir. Dans la zone, il y a des étudiants qui seraient forcés de rejoindre la rébellion, d’autres ne seront pas à mesure de rejoindre leur milieu habituel après cette guerre dévastatrice. « Il y a une rumeur qui circule. L’enregistrement forcé des jeunes au sein de la rébellion. Les jeunes, y compris les étudiants qui sont restés dans la zone, se cachent. Les étudiants dispersés, il y aura ceux-là qui ne vont pas rentrer. Certains vont juger bon de rester là où ils sont. Par exemple, parmi ceux qui sont à Goma, il y a certains qui vont décider de poursuivre leurs études au niveau de Goma. Et cela aura un impact sur la viabilité des établissements de Rutshuru du point de vue effectif » ; explique John Koraho.

Par ailleurs, l’enseignant Musa Dunia déplore le fait que jusqu’à ce jour, aucune communication officielle du ministère n’a été faite afin de réconforter les étudiants ainsi que les enseignants. Il ne sait plus à quel saint se vouer. « Jusqu’à ce jour, il n’y a aucun communiqué qui appelle les enseignants de Rutshuru à se réunir pour une communication officielle du ministère en rapport avec leur situation. Rien ne fait que nous sommes abandonnés à notre triste sort (…). Nous ne savons pas si les cours reprendront lorsqu’il y aura la paix chez nous. Le ministère de l’ESU doit être conséquent, parce que c’est dans les attributions du gouvernement, le maintien de la paix » ; s’exclame Musa Dunia enseignant à l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR/RUTSHURU).

Les étudiants en paient le prix…

Pendant que la nouvelle année académique a débuté officiellement le 05 janvier 2023, les étudiants du territoire de Rutshuru ne savent toujours pas quel sort leur est réservé. Ils s’interrogent sur la suite de leur cursus académique. Nombreux sont ceux qui étaient à quelques semaines de la fin des cours lorsque la guerre a éclaté sur plusieurs fronts. Une étudiante à l’Institut Supérieur de Technique Médical de Rutshuru (ISTM) a perdu le goût des études. Elle cherche comment s’occuper autrement. « Les rebelles ont pris le contrôle de ma cité. Ici à Goma, je ne connais quasiment personne. J’ai essayé de trouver en vain une structure sanitaire dans laquelle je pouvais effectuer un stage. Partout on exige des documents académiques attestant que je suis étudiante en pédiatrie. Je n’arrive plus à joindre les responsables de mon institution. Je vois que je suis en train de m’éloigner petit à petit de mon rêve d’infirmière pédiatre. J’apprends déjà la coupe et la couture » ; se confie Micheline Nyota, obligé de chercher un moyen de survivre à Goma.

Lire : Est de la RDC: le M23 a atteint la base militaire stratégique de Rumangabo

Le gouvernement congolais ne s’est pas encore prononcé quant à l’avenir des étudiants de ces zones sous contrôle du M23. Des affrontements entre les forces armées de la RDC et les rebelles du M23 sont signalés près de la cité de Kitchanga dans le territoire Masisi depuis le mardi 23 janvier 2023. Aux dernières nouvelles, cette cité est passée sous le contrôle des rebelles ce jeudi 27 janvier, en début de soirée.

Augustin Sadiki
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