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Protection maternelle et infantile: maltraitance des femmes enceintes dans les salles d’accouchement à Uvira

Des femmes d’Uvira se plaignent des mauvais traitements qu’elles subissent dans les salles d’accouchement des structures sanitaires de cette ville de la province du Sud-Kivu. Elles témoignent d’agressions physiques et morales perpétrées par les sages-femmes.

Selon ces femmes, elles sont traitées sans dignité lors de l’accouchement. Certaines parlent de maltraitance dont elles ont été victimes, et déplorent notamment la présence de plusieurs stagiaires lors des accouchements. 

« La sage-femme rencontrée lors de ma première naissance m’avait accueilli avec dédain et m’orientait sans compassion ni courtoisie », regrette Yvonne Mutembala, mère de quatre enfants. De même, Hélène Chifundera, mère de trois enfants, se souvient du mauvais comportement de la sage-femme qui l’avait assistée, sous des gifles et des injures, lors de sa première naissance en 2014.

Face à ces reproches, le docteur Shangula Mashupe Salomon, médecin directeur de l’hôpital général de référence d’Uvira, condamne cette maltraitance en rappelant que les femmes enceintes doivent être conscientisées, orientées et assistées avec douceur dans la salle d’accouchement.

Les soins de maternité respectueux, un droit d’une femme enceinte 

Le docteur Nondho Jess-Alfred, obstétricien-sage-femme et coordinateur du centre médical Mère-Enfant à Nyaminda, souligne quant à lui que les femmes enceintes ont sept droits, tandis que le nouveau-né en a trois, qui doivent être respectés dans toutes les structures sanitaires. Il déplore les mauvaises pratiques de certaines sages-femmes lors de l’assistance des femmes enceintes, et précise que « la femme enceinte ne doit pas être maltraitée ni agressée physiquement ou psychologiquement lorsqu’elle est en train de donner la vie. Elle doit être l’actrice principale de son accouchement, sous l’assistance de la sage-femme ».

Lire : UVIRA : Le droit de la santé sexuelle et reproductive de la femme est une priorité

Face à ces violences obstétricales, le groupe des volontaires pour la maternité sans risque, GVP-MASAR, organise une série de sensibilisation sur les droits des femmes pendant l’accouchement. Leur objectif est d’éradiquer ces pratiques discriminatoires envers les femmes enceintes. Le coordinateur national de cette mouvance, Jess-Alfred Nondho, sollicite l’appui financier et technique des organisations et des bailleurs de fonds œuvrant dans ce domaine pour avoir un impact plus important.

Ces témoignages alarmants montrent l’urgence de protéger les femmes enceintes et de garantir leur accès à des soins de maternité respectueux et humains. Des mesures doivent être prises pour éradiquer ces pratiques discriminatoires et protéger les droits des femmes et des nouveau-nés en matière de santé reproductive.

Joséphine Mungubi
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