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Ituri : les positions de l’armée ne sont pas dégarnies, affirme son porte-parole

« Si on veut accuser l’armée comme source d’insécurité, ça c’est l’outrage à l’armée. Nous nous sommes donnés corps et âmes jusqu’au sacrifice suprême. Les éléments des FARDC tombent sur le champ d’honneur », a affirmé le lieutenant Jules Ngongo.

D’après lui, les assaillants auteurs de l’insécurité à Djugu sont à chercher au sein de la population. Et le président de l’assemblée provinciale devrait les sensibiliser pour qu’ils déposent les armes.

« Et à l’heure où le chef d’Etat-major général adjoint de l’armée est ici en Ituri, et qu’un élu fasse ces genres de déclarations, c’est désolant », a-t-il poursuivi.

La société civile de la chefferie de Bahema Nord a annoncé dimanche 16 juin, qu’environ cent quarante nouveaux corps sans vie ont été découverts la veille, dans la localité de Tché dans le groupement Losandrema en territoire de Djugu (Ituri). Ces corps s’ajoutent aux vingt et un autre découverts le même samedi 15 juin dans les localités de Pawi, Tshinji et Zendro dans le groupement Dendro. Ce qui fait un total de cent soixante et un corps.

Le territoire de Djugu connait une flambée de violences depuis quelques semaines. Les auteurs des tueries demeurent inconnus. Alors que les victimes se retrouvent dans la plupart des cas dans les zones habitées par les ressortissants de l’ethnie Hema. 

Dialogue annoncé

Pour mettre fin au nouveau cycle de violences qui endeuille le territoire de Djugu, le gouverneur de l’Ituri, Jean Bamanisa Saidi la tenue prochaine d’un dialogue qui va réunir des leaders des Hema et Lendu, les deux principales  communautés vivant à Djugu.

D’ores et déjà, la communauté Ente regroupant les Hema ne veut pas de ce dialogue. Elle demande plutôt la création d’un tribunal spécial afin que les auteurs des tueries à Djugu soient identifiés et sanctionnés. Dans une lettre ouverte adressée samedi dernier au chef de l’Etat Félix Tshisekedi, cette communauté affirme avoir perdu un nombre important de ses membres sous « un silence coupable » des autorités de la RDC.

« Nous allons dialoguer avec qui, pourquoi, et pour aboutir à quoi ? Parce que nous n’avons pas été partie prenante dans ces hostilités. Nous sommes victimes des massacres à grande échelle planifiés. Ça s’appelle ‘crime de génocide’ avec toutes les conséquences et effets collatéraux qui impliquent aussi des crimes contre l’humanité », a déclaré à Radio Okapi, Vicky Ngona, un porte-parole de la communauté Ente.

Il a par ailleurs demandé à l’armée de faire son travail pour faire cesser ces tueries.

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