LE JOURNAL.AFRICA
SOCIETE

Les violences conjugales faisaient partie du mode de vie de burundais (Michel-Ange Nzojibwami)

Les violences conjugales
«Une bagarre devrait avoir lieu entre les jeunes mariés la nuit de noces», explique le cinéaste du Burundi Michel-Ange Nzojibwami. Par conséquent,  il déplore le fait que les gens ne se rendaient pas compte que c’était une violence conjugale. Sur ce, il alerte sur ses conséquences socio-économiques.

Lors du lancement officiel de la 12e édition du Festicab, l’artiste cinéaste Michel-Ange Nzojibwami confirme l’existence des violences faites aux femmes au Burundi. Dans une interview qu’il a accordée au Le Journal. Africa, Michel-Ange révèle une violence culturalisée dans la société burundaise.

En effet, certains hommes pensaient que la violence conjugale faisait partie du droit traditionnel. Et quand ils payent la dot, ils ont le droit de traiter leurs femmes comme des objets.

Hélas, l’air sonne au changement. Nous devons cesser cette pratique qui impacte négativement notre mode vitale. M. Nzojibwami interpelle la population au changement du comportement.

Quelles sont les conséquences des violences conjugales?

«Pas d’émergence financière et sociale avec des violences.  La finance et le social ne sont pas favorables dans un climat de violences conjugales», explique Michel-Ange Nzojibwami.

«La dimension genre dans le développement économique et social doit être bien comprise par la société. Aucune émergence financière et sociale aussi longtemps que certaines personnes subissent des violences dans leurs communautés », déplore-t-il.

A lire : Burundi : 4 600 000BIF, un budget trop faible pour les victimes de VSBG (AFJO et COCAFEM/GL)

Des actes malsains dans un entourage engendrent des conséquences dans nos familles. Ils créent aussi en avance de mauvais airs sociaux. En croire Papy Jamaïca, directeur du Festicab, a indiqué que des mauvaises atmosphères sociales sont causées par des agressions.

Qui sont les premières victimes ?

Les victimes sont plus constantes dans pas mal de cas. Mais les plus touchés sont les enfants plus particulièrement les jeunes filles.

«La jeune fille ayant vécu là où les parents se font des violences achève difficilement les études», dit M. Nzojibwami.

Quel rapport entre le thème «Tous ensemble contre les violences basées sur le genre», et le cinéma ?

«Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde». Dicton d’Albert Camus, récité par Léonce Ngambo, président du Festicab. Léonce Ngambo déplore de violence soit encore praticable dans sa société.

 Comment le cinéma intervient dans la sensibilisation de lutte contre la violence basée sur le genre?

Le filme c’est un outil de communication par excellence, répond M. Ngabo. Il montre qu’à travers  celui-ci, les gens sont informés, éduqués et sensibilisés.

Sans se lasser, le président du Festicab rappelle aussi avec un dicton qu’«Une image vaut mille mots».  Selon lui, les images restent gravées longtemps dans la mémoire que tout autre chose.

Est-il un moment opportun pour en parler ?

La période est bel et bien propice pour prendre un nouvel élan.

«C’est un bon moment pour les gens de pouvoir changer. Ils doivent savoir qu’il y a des freins basés sur les genres. Les gens doivent connaître les biens fondés du genre afin de les mettre en application que ce soit au ménager ou service», s’est exprimé le cinéaste Nzojibwami.

Dans un rapport publié en 2018 par l’Association des Femmes Journalistes, le Burundi a enregistré 8982 cas de VSBG.

Au moment où le ministère de la Justice alloue à ce secteur un budget annuel de 4 600 000 BIF, soit 2371,13 USD. Ce que l’Association des Femmes Journalistes et la Concertation des Collectifs des Associations Féminines de la Région des Grands considèrent insignifiant.

A lire aussi : Les VBG, plus qu’un problème des filles et des femmes
Patrick Kigabi Maya

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