Face aux enjeux sécuritaires régionaux, le Burundi modernise le contrôle de ses frontières avec Inkinzo BMS, un système biométrique innovant. Déployé sur plusieurs points d’entrée stratégiques, il permet d’identifier les individus recherchés et les objets volés. Interconnecté aux bases de données régionales et internationales, il renforce la coopération contre la criminalité transfrontalière. Ce projet marque un tournant vers une gestion plus sûre et transparente des frontières.
Dans le cadre de sa stratégie nationale de sécurité, le Burundi a lancé un vaste programme de modernisation de la gestion de ses frontières. Au cœur de ce dispositif « Inkinzo BMS », un système technologique avancé conçu pour identifier les criminels recherchés et détecter les objets volés lors du passage aux postes frontaliers.
Déployé progressivement depuis 2024, Inkinzo BMS est désormais opérationnel sur dix points d’entrée stratégiques du pays, dont l’aéroport international Melchior Ndadaye, le port de Rumonge ainsi que les postes frontaliers de Gatumba, Kobero, Kanyaru-Haut et Muyinga, entre autres.
« Ce système nous permet de mieux contrôler les mouvements transfrontaliers, tout en collaborant plus efficacement avec les pays de la région et les organisations internationales », a déclaré le général de brigade Richard Ndayisaba, secrétaire permanent au ministère en charge de la Sécurité publique et du Développement communautaire.
Un outil biométrique et connecté
Développé par la société burundaise SOFT Center, Inkinzo BMS enregistre les données biométriques des voyageurs parmi lesquelles les empreintes digitales, la reconnaissance faciale, les documents d’identité, ainsi que les objets qu’ils transportent. Toute correspondance avec une base de données d’individus recherchés ou d’objets volés déclenche une alerte automatique.
L’une des principales forces du système réside dans sa capacité d’interconnexion. En cas d’alerte, les informations sont immédiatement partagées avec les forces de l’ordre des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) à savoir le Rwanda, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, la RDC et le Soudan du Sud, ainsi qu’avec Interpol, renforçant ainsi la lutte contre la criminalité transnationale.
Le ministère assure que toutes les données collectées sont protégées conformément aux standards internationaux en matière de sécurité et de confidentialité. Seuls les agents habilités peuvent accéder aux informations, grâce à un système de droits d’accès sécurisé.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale de coopération policière et de modernisation des infrastructures frontalières, à un moment où les menaces transfrontalières telles que le trafic d’êtres humains, les mouvements de groupes armés et la contrebande, continuent de préoccuper les autorités de la sous-région.
D’ici 2026, les autorités burundaises entendent étendre le système à l’ensemble des postes frontaliers du pays. L’objectif : disposer d’un réseau de surveillance intégré et opérationnel 24h/24, garantissant une meilleure gestion des flux migratoires, tout en facilitant les échanges légaux et sûrs avec les pays voisins.


