Face à la persistance des violences dans l’est de la RDC malgré les Accords de Washington signés en décembre 2025, le Congrès américain brandit la menace de sanctions ciblées contre Kigali. Chris Smith, président de la sous-commission Afrique, a dénoncé ce jeudi, une « coordination manifeste » entre le Rwanda et le M23, appelant à des actes concrets pour mettre fin à ce soutien présumé.
À l’issue d’une audition tendue au Congrès américain, ce jeudi 22 janvier 2026 à Washington, le président de la sous-commission Afrique de la Chambre des représentants, Chris Smith (républicain du New Jersey), a haussé le ton contre Kigali. Il a clairement menacé de nouvelles sanctions si le Rwanda ne respecte pas pleinement les Accords de Washington signés le 4 décembre 2025 et ne met pas fin à son soutien présumé au M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette audition, la quatorzième que Chris Smith consacre exclusivement à la crise entre la RDC et le Rwanda, portait sur « Promouvoir la paix en RDC et au Rwanda grâce aux Accords de Washington du président Trump ». Elle a servi de tribune pour exprimer la frustration croissante de Washington face à la persistance des violences malgré l’accord historique négocié sous l’administration Trump.
Dans son discours d’ouverture, Chris Smith a insisté sur la coordination « manifeste » entre Kigali et le M23, rejetant l’idée que ce groupe rebelle serait indépendant. « Il est insuffisant d’affirmer que le M23 est un groupe indépendant ou non signataire des Accords de Washington lorsqu’il existe une coordination manifeste entre Kigali et ce groupe », a-t-il déclaré sans ambiguïté.
Le parlementaire américain a rappelé que le retrait des troupes rwandaises de l’est congolais prévu dans le « concept d’opérations » en quatre phases des Accords, reste conditionné à la neutralisation effective des FDLR par Kinshasa. Mais il a accusé le Rwanda de ne pas faciliter ce processus et de maintenir une présence déstabilisante via le M23.
« Des saboteurs continuent de faire obstacle au processus de paix », a-t-il lancé, en référence implicite à Kigali. Chris Smith a également salué les sanctions déjà imposées par le secrétaire d’État Marco Rubio contre des entités chinoises et hongkongaises accusées de financer des groupes armés, dont le M23, via le trafic de minéraux des zones de conflit. Il a cité la Congo-Dongyang Mining Corporation comme exemple d’acteurs impliqués dans le blanchiment de minerais via des routes rwandaises vers la Chine. Ces mesures, a-t-il souligné, montrent la détermination américaine à couper les financements de l’instabilité.
« Nous devons rompre notre dépendance aux minéraux qui financent l’instabilité », a répété Chris Smith, reliant explicitement la gouvernance minière responsable aux intérêts stratégiques des États-Unis. Les Accords de Washington incluent un Cadre régional d’intégration économique (REIF) et des partenariats trilatéraux qui promettent investissements massifs en échange de réformes, de transparence dans les chaînes d’approvisionnement et de lutte contre le travail forcé. Mais sans avancée sécuritaire concrète, ces promesses économiques risquent de rester lettre morte.
Le ton ferme de l’audition avec le témoignage de Sarah Troutman, adjointe du secrétaire d’État adjoint pour les affaires africaines, reflète une impatience américaine grandissante. Chris Smith a averti que le non-respect des engagements entraînerait « des conséquences inévitables », y compris de nouvelles sanctions ciblées contre des responsables rwandais ou des entités liées au M23.
Pour les populations de l’est de la RDC, où les combats persistent malgré l’accord, ce message est clair : Washington, par la voix de Chris Smith, se pose en gardien intransigeant du processus de paix. Si Kigali ne retire pas son soutien présumé au M23 et ne facilite pas le démantèlement des FDLR, les sanctions pourraient s’étendre directement à des officiels ou structures rwandaises, accentuant la pression sur le régime de Paul Kagame.


