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Les Cliniques universitaires de Kinshasa, en proie à une grève des médecins, voient leurs services désertés, exacerbant une situation sanitaire déjà fragile.

À Kinshasa, la situation dans les Cliniques universitaires (CUK) est devenue alarmante. Depuis le début du mois de juin 2026, les médecins, membres de plusieurs syndicats, observent une grève sèche qui paralyse presque l'ensemble des services de santé. Les revendications portent principalement sur des salaires et primes impayés, ainsi que sur l'amélioration des conditions de travail.
Les témoignages recueillis sur place révèlent un tableau sombre. À l'entrée des CUK, l'absence d'affluence habituelle contraste avec le désespoir croissant des patients et de leurs familles, laissés à eux-mêmes. « Je suis dans les services de chirurgie, on ne fait rien jusque-là, car les médecins n’arrivent pas », s'indigne une infirmière stagiaire. Les rares professionnels présents semblent perdus, incapables d'intervenir face à l'urgence sanitaire.
La grève a été lancée par le Syndicat national des médecins (Synamed), qui dénonce le non-respect des engagements gouvernementaux. Jhon Senga Lwamba, secrétaire exécutif national du Synamed, a exprimé son profond mécontentement face à l'indifférence de la Première ministre et au mépris ressenti par les médecins envers la population bénéficiaire de leurs services. Malgré ces tensions, les provinces touchées par l'épidémie d'Ebola dans l'est du pays continuent d'assurer un service minimum dans certains hôpitaux.
Dans les couloirs des CUK, une note accrochée au mur du service des urgences indique clairement : « Les médecins sont en grève ». Ce message résonne comme un cri d'alarme au cœur d'une crise sanitaire déjà complexe. Les salles d'opération sont vides et en pleine réfection, tandis que le bureau du Synamed reste cadenassé depuis plusieurs jours.
Un contexte sanitaire préoccupant
La situation à Kinshasa s'inscrit dans un contexte plus large où la santé publique est mise à mal par divers défis. La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à une résurgence d'épidémies comme Ebola, qui frappe durement les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. Dans ces régions, le personnel médical continue d'opérer sous pression pour traiter les cas d'Ebola tout en faisant face à la menace constante de conflits armés.
Les récentes informations indiquent que même en temps de crise épidémique, la violence entre factions armées complique davantage la réponse sanitaire. Des combats violents se déroulent actuellement entre l'armée congolaise et le groupe armé AFC/M23 dans le Nord-Kivu, ajoutant une couche supplémentaire de difficulté pour le personnel médical engagé sur le terrain.
Alors que la grève se prolonge et que les services de santé demeurent largement affectés, il est crucial que le gouvernement congolais prenne conscience de l'urgence de la situation. Le dialogue entre les autorités et les syndicats médicaux doit être rétabli pour éviter une dégradation encore plus profonde des conditions sanitaires à Kinshasa et au-delà.
La population congolaise mérite un système de santé fonctionnel et réactif. Alors que la crise actuelle persiste, il est impératif que toutes les parties prenantes se mobilisent pour restaurer la confiance et assurer une prise en charge adéquate aux milliers de patients dans le besoin.
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