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La détention d'un dirigeant religieux en Corée du Sud, l'arrestation d'un évêque au Nicaragua et la dissolution d'une organisation religieuse au Japon ravivent le débat sur la liberté de religion. Ces décisions, vivement critiquées par des experts de l'ONU, des ONG et des universitaires, interrogent les limites de l'intervention de l'État dans les affaires de foi.

La liberté de religion, consacrée par le droit international, fait l'objet de nouvelles controverses. Au premier semestre 2026, plusieurs décisions prises en Corée du Sud, au Nicaragua et au Japon ont suscité des critiques d'experts des Nations Unies, d'organisations de défense des droits humains et d'universitaires. Bien que ces affaires soient différentes, elles alimentent un même débat sur les limites de l'intervention de l'État dans les questions religieuses.
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) garantit la liberté de religion, le droit de participer à la vie publique sans discrimination et rappelle que la détention provisoire doit demeurer exceptionnelle. Les Règles de Tokyo et les Règles Mandela imposent également que toute privation de liberté soit nécessaire, proportionnée et respecte la dignité des personnes détenues.
En Corée du Sud, Lee Man-hee, président de l'Église Shincheonji de Jésus, âgé de 95 ans, a été placé en détention provisoire le 24 juin pour des accusations liées à une présumée violation de la loi sur les partis politiques. L'Église affirme avoir coopéré avec les autorités et soutient que ses membres n'ont fait qu'exercer leurs droits civiques. Lors de la conférence de l'Académie européenne des religions, le chercheur Massimo Introvigne a estimé qu'une telle détention serait exceptionnelle dans de nombreux pays européens. Des ONG, dont CAP-LC, ont également saisi le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.
Au Nicaragua, l'arrestation de l'évêque émérite Juan Abelardo Mata Guevara, âgé de 80 ans et souffrant de problèmes de santé, a suscité des réactions internationales. Le Département d'État américain a dénoncé une détention arbitraire, tandis que Christian Solidarity Worldwide (CSW) a appelé à la fin des pressions contre les responsables religieux. Les autorités affirment qu'il a été renvoyé à son domicile, sans confirmation indépendante au moment des faits rapportés.
Au Japon, la Cour suprême a confirmé le 23 juin la dissolution de la Fédération des familles pour la paix mondiale et l'unification. Avant cette décision, quatre rapporteurs spéciaux des Nations Unies avaient exprimé leurs inquiétudes, estimant que les motifs retenus pourraient dépasser les restrictions autorisées par le droit international.
Ces trois affaires relancent une question qui dépasse les frontières nationales : jusqu'où un État peut-il intervenir dans les activités d'une organisation religieuse sans porter atteinte à la liberté de religion ? Pour les organisations de défense des droits humains et plusieurs chercheurs, toute restriction doit être fondée sur des preuves, respecter les garanties d'une procédure équitable et répondre au principe de proportionnalité.
Prosper Aobe
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