LE JOURNAL.AFRICA
SOCIETE

Burundi : Quand la naissance n’apporte pas de joie

Un triplet pas de joie
Dans une conférence de présentation des réalisations du ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre lors du premier semestre (juillet 2021-décembre 2021)la ministre Imelde Sabushimike a fait savoir que 29 familles ont mis au monde des triplets entre juillet et décembre 2021. Mais au fait, à quoi ressemble la mise au monde des triplés quand on a des moyens très limités ?

Élever un seul enfant peut être compliqué, tant les charges peuvent être nombreuses. Mais qu’en est-il quand ce n’est pas un enfant, ni deux, mais trois qui arrivent d’un coup ? Quand la question a surgi dans la réunion de rédaction, le Journal.Africa a voulu découvrir de la vie quotidienne d’une famille avec des triplets.  Après avoir trouvé les coordonnées d’une famille ayant récemment eu des triplets, on prend la route. Direction la commune Ntahangwa, zone Kamenge au nord de la ville de Bujumbura.

Stany* et Claudette* habitent dans une maison d’une chambre et un salon. Une vieille peinture qui, peut-être un jour a été blanche, couvre les murs. Aucun mobilier dans la maison. Nous nous asseyons sur des petits tabourets en face des triplets allongés sur un matelas. Une voisine et la belle-mère de Claudette sont venues leur rendre visite.

En effet, le 26 août dernier, la famille de Stanislas et Claudette accueille des triplets. Vivant dans une précarité extrême, cette naissance ne leur apporte aucune joie. La jeune famille ne voit pas comment ces bébés vont grandir.

“Je ne pouvais pas passer une semaine sans hospitalisation”

Claudette dit qu’elle était tellement faible quand elle était enceinte. “Je ne pouvais pas passer une semaine sans hospitalisation”, admet-elle. Auparavant, la jeune maman était vendeuse d’aubergines au marché dit ‘’COTEBU’’. Suite à la grossesse et les malaises qui s’en sont suivi, elle avait abandonné son commerce.

Dans la salle de maternité, je pleurais tout le temps. Les autres mamans à côté de moi étaient contentes et ne cessaient de me consoler. Je regardais les trois enfants, je pensais à la vie de misère que nous menons avec mon mari, et les larmes coulaient”, se rappelle la jeune maman.

Une aide du gouvernement apaise

La maman remercie vivement le gouvernement pour son aide. “N’eut été l’aide du ministère de la solidarité, je n’aurais pas été capable de maintenir vivant ces enfants”, dit-elle. En effet, le ministère lui a donné du lait, renforçant ainsi le lait maternel. A côté de ça, la famille a bénéficié de vivres et non vivres de la part du ministère ayant la solidarité dans ses attributions.

Pourtant, la famille reste avec tant de besoins. Claudette souhaite qu’au moins son mari trouve du travail, car la famille a tant de besoins que l’aide gouvernementale ne couvre pas comme le loyer, la nourriture, les habits, …

A lire : Burundi: les jeunes entrepreneurs déplorent des lacunes dans la politique nationale de la jeunesse

Comment naissent les triplets ?

C’est un phénomène purement biologique. Les triplés naissent dans les trois cas, selon les explications du site français parents.fr. Un ovule est fécondé par un seul spermatozoïde, et l’œuf formé se scinde en trois embryons, donnant ainsi naissance à des triplés identiques.

De plus, les 3 ovules peuvent être expulsés par l’ovaire au moment de l’ovulation, notamment dans le cadre d’une stimulation ovarienne simple (sans fécondation in vitro), et être fécondés par trois spermatozoïdes, aboutissant à trois embryons complètement différents, avec chacun son propre patrimoine génétique, qui vont se développer côte à côte in utero.

De surcroît, deux ovules peuvent être fécondés par deux spermatozoïdes différents, donnant lieu à deux embryons. Mais l’un d’entre eux peut se scinder en deux pour aboutir à de vrais jumeaux. La triple grossesse est alors constituée de deux jumeaux homozygotes et d’un troisième enfant qui diffère des deux autres.

 Signalons que jusqu’au 31 décembre passé, 67 familles burundaises qui avaient mis au monde des triplets recevaient de l’assistance du gouvernement comme l’a indiqué Imelde Sabushimike, ministre de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre.

A lire aussi : Grossesse multiple : ce qu’il faut comprendre

Eric Niyoyitungira

Articles similaires

Masques africains et algorithmes

RFI AFRIQUE

« Abagabo bacu bapfuye, twaciye turongorwa na barumuna babo »

YAGA BURUNDI

Friendzone : un « drôle d’amour » ?

YAGA BURUNDI
%d blogueurs aiment cette page :