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Lutte contre Boko Haram au Nigeria : l’armée nie avoir détenu des milliers d’enfants

Le Nigeria a nié les allégations selon lesquelles son armée aurait détenu des milliers d’enfants pour des liens présumés avec le groupe militant islamiste Boko Haram.

Un rapport publié par l’ONG Human Rights Watch affirme que des enfants sont détenus depuis des années dans des « conditions horribles ».

L’organisation a exhorté le pays à libérer ces enfants.

Mais les militaires ont dit que le rapport était « faux », disant qu’ils étaient traités comme des « victimes de la guerre et non comme des suspects ».

Alors que l’armée détient des femmes et des enfants qu’ils disent avoir été endoctrinés par Boko Haram, les enfants sont « correctement nourris, profilés et déradicalisés avant leur libération ».

Les militants de Boko Haram mènent une insurrection dans le nord-est du Nigeria depuis 2009.

Plus de 30.000 personnes sont mortes dans ce soulèvement, qui s’est maintenant exporté au Cameroun, au Tchad et au Niger.

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Que dit le rapport ?

Human Rights Watch (HRW) a publié son rapport mardi.

Il affirme que l’armée a arrêté et détenu des enfants dont certains âgés de cinq ans « avec peu ou pas de preuves ».

La plupart de ces enfants seraient ensuite transférés à la caserne militaire de Giwa dans la ville de Maiduguri.

Les enfants interrogés par HRW qui ont passé du temps dans le camp ont décrit « des conditions sordides et très surpeuplées ».

Aucun de ces 32 enfants n’a déclaré avoir été traduit devant un tribunal ou un juge, et aucun ne savait de quoi il était accusé.

En outre, aucun d’entre eux n’a déclaré avoir eu des contacts avec des membres de sa famille en dehors de son centre de détention.

Selon certains enfants, les détenus ont été menacés ou même battus par des soldats, tandis que des soldats auraient fait des avances à des femmes soldats ou les auraient emmenées hors de leur cellule pendant de longues périodes.

Une fille dans le rapport dit que des femmes dans sa cellule sont tombées enceintes pendant leur incarcération.

HRW affirme ne pas connaître le nombre total de personnes actuellement en détention.

Selon les chiffres de l’ONU cités dans le rapport, l’armée a pris plus de 3.600 enfants entre janvier 2013 et mars 2019.

Le rapport salue la libération d’au moins 2.200 enfants à ce jour et reconnaît les « mesures importantes » que le gouvernement a prises pour protéger les droits des enfants.

Mais HRW appelle les autorités à libérer immédiatement tous les mineurs détenus et à mettre en œuvre un protocole de l’ONU garantissant la remise rapide des enfants détenus aux services de protection, afin qu’ils puissent retourner dans leur famille.

Comment l’armée nigériane a-t-elle réagi ?

L’Etat-major du Nigeria a insisté sur le fait qu' »aucun enfant n’est gardé et torturé dans aucun centre de détention ».

« Les enfants pris dans des présumés activités terrorisme sont transférés dans des installations sûres… où ils sont déradicalisés, réhabilités et réintégrés dans la société », indique un communiqué de l’armée.

« Le fait que Boko Haram soit encore là 10 ans après révèle un échec »

Dans le communiqué, l’armée est qualifiée de « professionnelle », a insisté sur le fait que les arrestations n’étaient pas arbitraires mais qu’elles étaient motivées par le renseignement, et a déclaré que l’armée était engagée dans une guerre dans le nord-est avec des terroristes « reconnues mondialement pour les attaques les plus inhumaines et cruelles sur l’humanité « .

De tels « rapports superficiels et peu documentés » pourraient miner cette lutte, peut-on lire dans le communiqué.

Boko Haram est un groupe militant qui promeut un l’islam qui interdit aux musulmans de participer à toute activité politique ou sociale associée à la société occidentale.

Le vote, l’éducation laïque et même les chemises et pantalons sont considérés comme « haram », ou interdits.

Le nom officiel de Boko Haram est Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad, qui signifie en arabe « Personnes engagées dans la propagation des enseignements du Prophète et du Jihad ».

Fondée en 2002, elle a lancé son soulèvement contre le gouvernement nigérian en 2009 à la suite du décès de leur chef en captivité.

Boko Haram a depuis lors mené une vague d’enlèvements, d’assassinats et d’attentats à la bombe.

Les États-Unis l’ont déclarée organisation terroriste en 2013, un an avant de proclamer un califat dans les zones qu’ils contrôlaient.

Depuis lors, le Nigéria a reconquis la majeure partie de ce territoire.

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