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La SADC appelle à la levée des sanctions contre le Zimbabwe

Les sanctions portent préjudice, pas seulement à l’économie du pays visé, mais à celles de ses voisins, a déclaré le chef de l’Etat tanzanien, John Magufuli, président en exercice de la SADC, qui regroupe 16 Etats de la région.

« Ces sanctions n’ont pas seulement affecté le peuple zimbabwéen et son gouvernement, mais l’ensemble de la région. C’est comme un corps humain. Quand vous coupez une de ses parties, cela affecte tout le corps », a-t-il dit lors d’un sommet de la SADC à Dar es-Salaam, en Tanzanie.

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« C’est pourquoi je voudrais saisir cette occasion pour exhorter la communauté internationale à lever les sanctions qu’elle impose au Zimbabwe. Après tout, ce pays frère a ouvert un nouveau chapitre, et il est prêt à [coopérer] avec le reste du monde. Il est donc, je crois, dans l’intérêt de toutes les parties concernées de voir ces sanctions levées », a insisté John Magufuli.

Des sanctions économiques sont imposées au Zimbabwe depuis 2002.

Emmerson Mnangagwa, qui dirige le pays depuis fin 2017, accuse les Etats-Unis et l’Union européenne d’entraver le développement du Zimbabwe.

Il affirme que la levée des sanctions devrait permettre d’attirer les investisseurs occidentaux au Zimbabwe, après près de deux décennies d’isolement économique.

Le Zimbabwe est en proie à une forte inflation et à des pénuries de produits de base tels que le carburant, l’électricité et l’eau.

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L’inflation est actuellement à son plus haut niveau depuis 10 ans. Les salaires et les pensions sont en baisse, tandis que le prix du pain a quintuplé depuis avril.

Environ cinq millions de Zimbabwéens ont actuellement besoin d’une aide alimentaire, selon les Nations unies.

En mars, les Etats-Unis ont prolongé d’un an les sanctions économiques visant le Zimbabwe.

Washington prévoit de les lever seulement lorsque le pays décidera de mener des réformes politiques.

Quelque 141 sociétés et hauts responsables du Zimbabwe sont visés par les sanctions américaines, a précisé l’agence de presse Reuters en février dernier, citant un responsable américain.

En quoi consistent les sanctions ?

Plusieurs hauts responsables de la Zanu-PF, le parti au pouvoir au Zimbabwe, des chefs militaires et des sociétés d’État continuent de faire l’objet d’un embargo de la part des Etats-Unis.

Washington interdit les personnes visées d’entrer en territoire américain.

L’Union européenne maintient un embargo sur les armes, en plus des sanctions imposées à l’ancien président Robert Mugabe, son épouse, Grace Mugabe, et à la société Zimbabwe Defence Industries.

Ses adversaires politiques estiment que la vie des Zimbabwéens est aujourd’hui plus chère qu’elle ne l’était sous M. Mugabe, qui a dirigé le pays pendant 37 ans.

Le gouvernement défend sa politique économique, affirmant que celle-ci est « douloureuses mais nécessaire ».

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Les autorités américaines accusent leurs homologues américaines d’avoir commis des violations des droits de l’homme.

Au début des années 2000, des blancs vivant au Zimbabwe ont été victimes d’expropriations de terres. Ils détenaient une bonne partie du patrimoine foncier du pays.

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