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Trois morts dans des violences préélectorales au Sénégal

Issa Sall et Macky Sall sont tous les deux candidats au scrutin présidentiel du 24 février au Sénégal Copyright de l’image Getty Images
Image caption Issa Sall et Macky Sall sont tous les deux candidats au scrutin présidentiel du 24 février au Sénégal

Des heurts ont opposé lundi les partisans d’El Hadji Issa Sall, candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR) à ceux du président sortant, Macky Sall, à Tambacounda, dans l’est du pays. Trois personnes ont été tuées, selon un bilan officiel.

El Hadji Issa Sall a déclaré qu’il retourne précipitamment à Dakar et a modifié le programme de sa caravane.

Selon le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), un bus transportant des journalistes chargés de la couverture de la campagne dans cette localité a été ciblé.

Huit des occupants du véhicule ont été blessés, et deux d’entre eux se trouvent dans un état extrêmement préoccupant. Apparemment, le bus a été pris d’assaut par des militants venus s’en prendre aux journalistes accompagnant le convoi d’un parti politique adverse.

Le SYNPICS a “condamné fermement” l’attaque. Pour Ahmadou Bamba Kassé, son secrétaire général, ces actes sont “inadmissibles”.

“Cette violence est inexplicable, car jusqu’ici les journalistes ont fait leur travail correctement pour couvrir les caravanes des différents candidats. Les journalistes qui accompagnent les caravanes des candidats ne sont pas membres de leur chapelle politique. Ils ont le droit de faire leur travail partout au Sénégal”, a-t-il dit à la BBC.

Selon lui, ce n’est pas le premier incident contre des journalistes depuis le début de la campagne. “Hier (dimanche), certains d’entre eux ont été chahutés. Lors de l’arrivée d’Abdoulaye Wade, des journalistes ont été intimidés par la garde rapprochée de l’ancien président”, dénonce le secrétaire général du SYNPICS.

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Me Assane Dioma Ndiaye, le coordinateur de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, interrogé par la BBC, dénonce un climat de terreur : “On a vu de part et d’autre ces milices, ces gardes du corps déguisés. Aussi bien de la part du pouvoir comme de l’opposition, il y a une propension à faire peur. On a cherché à installer une psychose et il suffisait d’une étincelle pour que cela aboutisse à ce drame.”

La présidentielle se tiendra le 24 février. Cinq candidats sont lice : Madické Niang, El Hadji Issa Sall, Macky Sall, Idrissa Seck et Ousmane Sonko.

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Pour Mody Niang, auteur de plusieurs livres sur le Sénégal, il sera difficile d’aller vers des élections apaisées. Pour lui, les violences sont le signe d’un “déficit de confiance” et révèlent la “présence d’un malentendu”.

“Le candidat sortant tient coûte que coûte à être réélu, et son camp sait qu’il courrait de gros risques judiciaires en cas de défaite. Ils (ses partisans) savent qu’ils ont très mal géré le pays. Leur gouvernance est jalonnée de malversations et de scandales de toutes sortes”, estime M. Niang.

“Il se présente au scrutin présidentiel pour la troisième fois, et s’il venait à perdre encore une fois, je ne pense pas qu’il pourrait jamais devenir président du Sénégal”, ajoute-t-il, parlant de l’opposant Issa Sall.

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