LE JOURNAL.AFRICA
ECONOMIE

Au Zimbabwe, l’inflation fait planer le spectre de la famine

Au niveau mondial, le Zimbabwe a une plus grande inflation des prix des denrées alimentaires. Son taux d’inflation nominal est de 353 %, depuis le mois de septembre passé. Cette famine est aussi signalée dans plusieurs pays africains, avec un alerte de se dégénérer jusqu’en mars 2023.

Selon le rapport de monitoring sur les marchés et la sécurité alimentaire que le Programme alimentaire mondiale (PAM) a effectué au Zimbabwe en juin 2022, le maïs n’était disponible que sur les 9% des marchés du pays. Très chers. Un kilo de maïs coûtait 147,23 ZWL (dollars zimbabwéen). Ce prix avait grimpé à 379% du prix de mai 2021. Quant à l’huile végétale, son prix était de 1149,17 ZWL le Kg, augmentant à 567% comparativement à celui du même mois en 2021, selon ces mêmes sources.

Les prix des aliments de base ont augmenté au Zimbabwe comme dans la plupart des marchés africains en raison d’une diminution des stocks et en raison de la production inférieure à la moyenne, qui était le résultat de la sécheresse et des prix élevés des carburants et des engrais, signale la Banque mondiale. Et d’ajouter, la dépréciation de la monnaie et la diminution des réserves de devises ont également fait monter les prix.

L’augmentation des prix des denrées alimentaires est aussi dû, selon la Banque mondiale, à la politique commerciale de certains pays, juste pendant la période de Covid 19 pour faire face à de potentielles pénuries d’aliments. Quelques pays ont fait la restriction des exportations de certains produits alimentaires et d’autres ont imposé des taxes spéciales sur les importations des aliments, surtout pour les décourager, montre le rapport des mises à jour sur la sécurité alimentaire, que la Banque mondiale a publié le 15 septembre dernier.

A  lire : Burundi: La population sévit de la malnutrition

Alerte! De la famine jusqu’en mars 2023

La région de Bay, surtout dans les districts de Baidoa et Burhakaba en Somalie sera frappée par une sévère famine jusqu’au début de l’année prochaine, a alarmé Martin Griffiths, Coordonnateur des secours d’urgence et Secrétaire général adjoint du bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le 5 septembre passé. Le Soudan du Sud et le Soudan risquent de la famine dans les mois prochains selon ces mêmes sources.

Les pays d’Afrique orientale et australe continuent de connaître une insécurité alimentaire aiguë qui devrait augmenter dans les prochains mois, alarme le Famine early warning systems Network (FEWS NET). Le Zimbabwe, le Malawi, le Sud-Soudan et la Somalie sont des pays africains qui auront une grande proportion de la population (plus de 60%) se trouvant dans l’insécurité alimentaire en Février 2023, selon (FAWS NET). Ces mêmes sources ajoutent que l’’insécurité alimentaire est particulièrement grave en République démocratique du Congo (RDC) et en Éthiopie, avec jusqu’à 10 millions et 15 millions de personnes menacées d’insécurité alimentaire aiguë, respectivement. 

Signalons que parmi les 17 objectifs de développement durable (ODDs) promus par les Nations unies à l’horizon 2030,  atteindre la sécurité alimentaire est le deuxième objectif.

A lire aussi : Au Kenya, l’inflation fait planer le spectre de la famine

Eric Niyoyitungira

Articles similaires

Transport ferroviaire : pourquoi le Burundi devrait s’en doter ?

LE JOURNAL.AFRICA

Dettes des pays africains: les grands créanciers tombent d’accord sur un moratoire

RFI AFRIQUE

L’éco, monnaie de la Cédéao, repoussée à 2025?

RFI AFRIQUE
%d blogueurs aiment cette page :