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Les autorités dissidentes du Tigré intensifient leurs efforts de recrutement militaire alors que les tensions avec le gouvernement d'Abiy Ahmed atteignent un nouveau sommet.

À Mekele, la capitale de la région du Tigré, des scènes de tension se multiplient alors que le mouvement tigréen, dirigé par le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), lance une campagne de recrutements forcés d'hommes en âge de combattre. Cette initiative survient dans un contexte de dégradation continue des relations entre le TPLF et le gouvernement fédéral éthiopien dirigé par Abiy Ahmed.
Les autorités tigréennes, en réponse à l'escalade des hostilités, ont mis en place des barrages routiers afin d'arrêter les jeunes hommes qui tentent de fuir la région. Ce faisant, elles cherchent non seulement à renforcer leurs capacités militaires, mais aussi à prévenir une éventuelle désertification de leurs forces face à l'intensification des combats.
Selon des témoignages recueillis sur place, la pression exercée sur les jeunes hommes est palpable. Les familles se retrouvent déchirées entre le désir de protéger leurs fils et l'obligation sociale de répondre à l'appel aux armes. "Nous avons vu des pères pleurer en voyant leurs fils emmenés", rapporte un habitant de Mekele.
Cette mobilisation intervient alors que le Tigré est déjà plongé dans un conflit armé depuis novembre 2020, lorsque le gouvernement fédéral a lancé une offensive militaire contre le TPLF. Depuis lors, les combats ont causé des milliers de morts et déclenché une crise humanitaire majeure, exacerbée par un blocus imposé par Addis-Abeba.
Des observateurs soulignent que ces nouvelles recrues pourraient ne pas être entièrement préparées pour les combats qui s'annoncent. "Il est difficile d'évaluer l'état d'esprit et la préparation militaire de ces nouvelles recrues", indique un expert en conflits régionaux. "Ce qui est certain, c'est que la situation ne fait qu'empirer."
Dans ce climat déjà tendu, les appels à la mobilisation ethnique se multiplient également du côté gouvernemental. Des régions comme l'Oromia et Amhara ont été sollicitées pour envoyer des troupes afin de contrer l'avancée tigréenne, ce qui pourrait aggraver encore davantage les divisions ethniques au sein du pays.
Le Tigré reste ainsi au cœur d'une guerre qui menace non seulement sa stabilité interne, mais également celle de l'Éthiopie dans son ensemble. Les conséquences humanitaires sont déjà catastrophiques et la communauté internationale continue d'appeler à une désescalade des violences.
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