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La suppression des exemptions militaires pour les étudiants yeshiva déclenche une série de manifestations à Jérusalem, révélant les fractures au sein de la société israélienne.

Dans le quartier traditionnellement ultra-orthodoxe de Méa Sharim à Jérusalem, une foule dense et déterminée s'est rassemblée. Les visages sont graves, les pancartes brandies haut, et les slogans scandés avec ferveur témoignent d'une colère palpable. Ce rassemblement n'est pas un événement isolé mais l'expression d'un mécontentement grandissant au sein d'une communauté qui se sent menacée dans son mode de vie traditionnel.
L'origine de cette colère réside dans une décision gouvernementale récente visant à mettre fin aux exemptions militaires accordées depuis des décennies aux jeunes hommes ultra-orthodoxes. Ces derniers sont généralement exemptés du service militaire obligatoire en Israël pour se consacrer entièrement à l'étude religieuse dans les yeshivas, des institutions éducatives juives centrées sur l'étude intensive du Talmud et d'autres textes religieux.
Un dilemme historique
La question des exemptions militaires pour les ultra-orthodoxes est loin d'être nouvelle en Israël. Depuis la fondation de l'État en 1948, un arrangement tacite permettait aux étudiants yeshiva de différer leur service militaire indéfiniment. Cet accord reflétait un compromis entre le besoin pressant de défense nationale et le respect des traditions religieuses ancestrales.
Cependant, au fil des décennies, ce compromis a suscité un débat intense au sein de la société israélienne. D'un côté, beaucoup voient ces exemptions comme injustes envers ceux qui servent dans l'armée et mettent leur vie en danger pour protéger le pays. De l'autre, la communauté ultra-orthodoxe considère cette exemption comme essentielle à sa survie spirituelle et culturelle.
Historiquement, plusieurs tentatives ont été faites pour réformer ce système d'exemptions. En 2012 par exemple, la Cour suprême israélienne avait annulé une loi permettant ces exemptions massives sous prétexte qu'elle était inconstitutionnelle car elle créait une inégalité entre citoyens. Cependant chaque tentative législative rencontre forte opposition politique sociale émanant partis religieux influents Knesset parlement national israélien....
L'argument économique ne tient plus
Les tensions autour du service militaire ne sont pas seulement culturelles ou religieuses; elles ont également une dimension économique significative. La participation limitée des hommes ultra-orthodoxes au marché du travail est souvent attribuée à leur engagement prolongé dans les études religieuses. Cela a conduit certains analystes économiques à estimer que l'intégration accrue de cette population dans le service militaire pourrait avoir des répercussions positives sur l'économie israélienne.
Cependant, cette perspective économique est rejetée par les leaders religieux qui insistent sur le fait que la valeur spirituelle et morale apportée par leurs études dépasse largement toute contribution économique potentielle qu'ils pourraient offrir par ailleurs.
Coulisses d'une rupture
Selon plusieurs sources locales citées par RFI et Reuters, le projet de loi actuel vise non seulement à réduire drastiquement ces exemptions mais aussi à inciter financièrement ceux qui choisissent volontairement d'intégrer l'armée. Cette approche coercitive est perçue par beaucoup comme une attaque directe contre leur identité communautaire.
Les déclarations enflammées lors des manifestations soulignent ce sentiment d'injustice ressenti profondément parmi les manifestants : « Nous ne voulons pas servir dans une armée qui persécute notre peuple ! » a crié un participant sous couvert d'anonymat lors du rassemblement houleux.
Une société fragmentée
L'évolution démographique rapide en Israël accentue encore plus ces tensions internes déjà existantes entre séculiers et religieux ainsi qu'entre juifs ashkénazes (d'origine européenne) et sépharades (d'origine moyen-orientale). Les ultra-orthodoxes représentent environ 12 % aujourd'hui mais devraient atteindre près du quart selon certaines projections démographiques si aucune politique n'est mise place pour modifier cette tendance actuelle.
Des implications régionales étenduesTandis que ces débats internes continuent agiter Israël même ses voisins arabophones observent attentivement comment évoluent rapports intercommunautaires là-bas car ils influencent directement relations diplomatiques bilatérales voire multilatérales surtout concernant processus paix israélo-palestinien toujours source vives tensions régionales voire mondiales parfois malheureusement tragiques sanglantes conflits armés réguliers sporadiques région MENA élargie Moyen Orient Afrique Nord notamment Maghreb Levant Golfe Persique Péninsule Arabique........
fr.africanews.com (source primaire)
RFI
Reuters
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