SOCIETE

Réseaux Sociaux : Une liberté à double tranchant

Réseaux Sociaux : Une liberté à double tranchant ©Akeza.net

Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, ils sont légions ces réseaux sociaux. De nos jours, on vit dans le réel et on vit également dans le virtuel. Deux mondes dans lesquels nos personnalités ne sont pas toujours les mêmes. Ce que nous sommes dans la vie réelle n’est pas toujours ce que nous devenons sur les réseaux sociaux. Les timides s’ouvrent, les sages deviennent désinvoltes et les pudiques et puritains peuvent même devenir exhibitionnistes. Sous couvert d’un soit disant anonymat (certainement à cause l’hypothétique vie privée) et au nom de la liberté d’expression et  d’action, on se laisse à tous les excès. Mais a-t-on vraiment une vie privée sur les réseaux sociaux ? La liberté que nous offrent les réseaux sociaux, nous donne-t-elle vraiment le droit de tout dire ou de tout montrer ? Où est la limite ?

Force est de constater que le progrès de la technologie, spécialement dans le domaine de la communication, amène avec lui de nouvelles problématiques. En effet, s’il est facile aujourd’hui de communiquer, notamment grâce aux réseaux, il est d’autant plus facile aujourd’hui de se faire pirater sur internet. A titre d’exemple, la société ThreatMetrix, spécialisée dans la sécurité informatique, dénombre pas moins de 700 millions de cas d’attaques informatiques en 2017. Avec 4,12 milliards d’internautes (statistique Hootsuite 2018) dont 3,36 milliard inscris sur les réseaux, cela fait 17% des internautes qui sont victimes d’attaques informatiques. Ce qui est loin d’être négligeables.

En gardant en tête que nous ne sommes pas toujours à l’abri d’une attaque informatique, il nous en vient de se poser la question de notre vie que malheureusement nous exposant de plus en plus sur internet, réseaux sociaux en premier. La tendance actuelle voulant que chaque instant de notre vie soit partagée sur nos plates-formes préférées. Si cela semble nous procurer un sentiment de satisfaction sur l’instant, nous ne savons pas toujours à quoi nous nous exposons.

Il n’est pas rare d’entendre la phrase suivante : « Je ne mets pas tout sur les réseaux sociaux. Je n’y mets que ce que je voudrai que les gens voient » ou encore : « ce que je mets sur les réseaux sociaux ne concerne que moi. J’ai le droit de mettre ce que je veux, c’est ma vie privée »

Difficile de contredire les défenseurs de ces théories d’autant plus qu’elles ont fondamentalement le droit de faire ce dont elles ont envie sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux ont donné une voix à ceux qui n’osaient pas parler, une liberté d’expression des fois poussée à l’extrême, la capacité de dire et de partager son opinion sans trop s’inquiéter des retours. Une forme de couverture semble protéger les personnes sur les réseaux sociaux.

Cependant il est important de tirer la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité de ces outils du quotidien. Car si la plus part des personnes pensent que les réseaux sociaux peuvent protéger notre vie privée (si elle existe encore), il est triste de constater que c’est loin d’être le cas. Et souvent, l’on n’a pas besoin d’être un hackeur professionnel pour tout savoir d’une personne sur les réseaux sociaux.

Prenons l’exemple du Graph Search de Facebook. Lancé en 2013, ce moteur de recherche permet de faire des recherches très précises sur les utilisateurs de Facebook. Notons qu’il a été lancé à des fins marketings pour permettre aux entreprises et marques de faire des campagnes ciblées selon les profils  des clients recherchés. Mais, Graph Search représente un danger pour les utilisateurs. En effet, sa capacité de cibler de manière précise un utilisateur, il permet à toute personne aillant accès à cet outil d’avoir toutes les informations sur une personne. Par exemple il m’est possible de savoir ce que vous aimez, ce que vous avez mangé la veille, avec qui vous avez passé la nuit dernière ou encore les photos que vous avez et les commentaires que vous avez fait sur une page quelconque. Et cela sans nous soyons amis. C’est donc une grande vitrine où tout le monde peut être observé sans le savoir.

Graph Search est un exemple, parmi plusieurs, de la vulnérabilité des réseaux sociaux et du danger que représente le fait de trop s’exposer. Et loin de vouloir en conseiller l’arrêt, les utilisateurs auraient raison de faire beaucoup plus attention.

 

Moïse MAZYAMBO

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