Site icon LE JOURNAL.AFRICA

Afrique : Il est possible de vaincre l’insécurité alimentaire et la malnutrition

Selon un rapport de la FAO intitulé l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2021, les conflits, les changements climatiques, les ralentissements économiques etc… sont à l’origine de l’insécurité alimentaire et la malnutrition. En effet, si la stabilité politique, le redressement économique, la croissance de la résilience face au changement climatique sont nécessaires, il ne faut pas oublier les indispensables que sont le développement du commerce alimentaire et de l’agroécologie.

Les pays en voie de développement sont les plus durement touchés par l’insécurité alimentaire et la malnutrition. La dégradation des terres, les inondations, les longues périodes de sécheresses etc…. contribuent fortement à la destruction des cultures. Cela occasionne une faible production agricole et une augmentation du prix des denrées alimentaires sur le continent.

D’après les données de la FAO et le PAM de 2021, près de 38 millions de personnes seront menacées par la faim entre juin et août 2022 en Afrique de l’ouest et du centre. 

Selon l’analyse de la classification IPC de la malnutrition aiguë en RDC publiée en novembre 2021, 860 000 enfants congolais de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë en 2022. Et 470 000 femmes enceintes et allaitantes pourraient aussi souffrir de malnutrition aiguë en 2022.  

Qu’est ce qui est à l’origine de cette insécurité ?

Le continent est confronté par différents types de conflits qui affectent négativement les systèmes alimentaires. Ces conflits anéantissent les cultures, le bétail, les infrastructures, les chaînes d’approvisionnement et les chaînes de distribution alimentaire. Ils empêchent les possibilités d’aide alimentaire aux populations touchées. Les gens sont contraints à quitter leurs foyers et à abandonner leurs biens et leurs moyens de subsistance. Ainsi, tous les systèmes alimentaires sont déstabilisés.

Lire : Afrique : des solutions locales pour combattre la malnutrition

Les effets néfastes liés aux changements climatiques ne sont pas en reste. L’augmentation des canicules, des périodes de sécheresse plus longues, des inondations, des tempêtes, les dégradations des terres, etc.… détruisent les cultures. Cela cause une mauvaise production agricole et toute la chaîne du système alimentaire est anéantie comme indiqué par le rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2021.

Un autre facteur cité, c’est l’instabilité des économies des pays africains. Cette instabilité entraîne d’une part les récessions économiques et d’autre part l’augmentation du prix des denrées alimentaires. Cela perturbe tous les systèmes alimentaires dans les pays. 

À cette liste viennent s’ajouter la pauvreté et les inégalités de revenu. Nul n’ignore que depuis plusieurs décennies, le continent africain fait face à une extrême pauvreté. Selon le rapport 2021 sur le développement économique en Afrique, 490 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté. Cela diminue l’accès à une alimentation saine, nutritive et durable.

Six voies de sorties

Bien sûr, l’insécurité alimentaire et la malnutrition n’est pas une réalité nouvelle pour l’Afrique. Depuis plusieurs décennies le continent est confronté à la faim, la malnutrition et l’insécurité alimentaire. Mais il y a encore des voies pouvant conduire à éliminer ces fléaux. Le rapport propose six voies de sortie.

Il s’agit d’abord d’intégrer les politiques d’aide humanitaire, de développement et de consolidation de la paix dans les zones touchées par des conflits. Il faut ensuite renforcer la croissance de la résilience face aux changements climatiques sur l’ensemble du système alimentaire. Cela va permettre aux exploitants d’avoir un accès à des assurances contre les aléas climatiques. Cette croissance permettra également la croissance de l’agroécologie sur le continent.

Par la suite, les États africains peuvent renforcer la résilience des plus vulnérables face à l’adversité économique. Les pays doivent intervenir tout le long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Ils doivent développer et encourager la culture de plantes bio-enrichies.

L’avant dernière voie est de lutter contre la pauvreté et les inégalités structurelles. Les pays doivent développer des politiques, des investissements et des lois pouvant combattre toutes les formes d’inégalités socio-économiques des populations.

Lire aussi : L’agro-industrie : remède ultime pour le chômage et l’insécurité alimentaire ?

Enfin, les pays peuvent renforcer l’environnement alimentaire et changer le comportement des consommateurs. Toutefois, ils doivent favoriser des habitudes alimentaires ayant un impact positif sur la santé humaine et sur l’environnement.

Ces voies des solutions constituent les principaux leviers pour surmonter ces facteurs nuisant à la sécurité alimentaire et la nutrition sur le continent.

La sécurité alimentaire est la plus value si toutes les personnes ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation saine. Alors cette alimentation doit être suffisante, sûre, durable et nutritive. Cela leur permet de mener une vie active et saine.

Willy Muhindo
Quitter la version mobile