Les É tats-Unis placent le Corridor de Lobito au cœur d’une stratégie ambitieuse alliant sécurité et développement économique. Face à la menace terroriste croissante, le commandement américain mise sur la sécurisation de cet axe minier stratégique Angola-RDC-Zambie pour débloquer investissements et prospérité régionale. L’exercice African Lion 2026, le plus vaste jamais organisé, viendra renforcer cette vision multilatérale au Maroc et dans plusieurs pays partenaires.
Lors du premier point de presse numérique de l’année, ce mardi 3 février 2026, le général Dagvin RM Anderson, commandant de l’United States Africa Command (AFRICOM) depuis août 2025, et le sergent-major Garric M. Banfield ont présenté les priorités pour l’année, avec une emphase sur la convergence entre sécurité et prospérité économique en Afrique.
Le général Dagvin RM Anderson a explicitement évoqué le corridor de Lobito comme l’un des exemples les plus concrets de la nouvelle approche d’AFRICOM, qui lie étroitement sécurité et développement économique. Ce projet ferroviaire et logistique, reliant les mines de cuivre et de cobalt de la République démocratique du Congo et de la Zambie au port angolais de Lobito sur l’Atlantique, est devenu un symbole de la convergence entre stabilité sécuritaire et opportunités d’investissement.
« Nous examinons des zones comme le corridor de Lobito, qui englobe non seulement le port, mais aussi le réseau ferroviaire, l’exploitation minière et les infrastructures connexes », a déclaré le général Anderson.
Selon lui, sécuriser cet axe stratégique menacé par des groupes armés dans certaines zones frontalières et par des risques de déstabilisation régionale, permet de créer un environnement propice aux investissements privés et publics.
« La sécurité engendre la stabilité ; cette stabilité crée des opportunités d’investissement ; et ces investissements génèrent la prospérité tant pour nos partenaires africains que pour les États-Unis », a-t-il répété à plusieurs reprises.
Le commandant d’AFRICOM a souligné que ce corridor n’est pas seulement une infrastructure économique, il représente un levier de souveraineté pour l’Angola, la RDC et la Zambie, en offrant une alternative aux routes traditionnelles passant par l’Afrique de l’Est ou du Sud.
En 2025, des avancées ont déjà été réalisées notamment la réhabilitation de la ligne ferroviaire, renforcement des capacités portuaires et signature d’accords multilatéraux. Mais le général Anderson a insisté sur le fait que la pérennité de ces progrès dépend d’une sécurité renforcée, notamment via des partenariats avec les forces armées locales et des capacités partagées en matière de renseignement et de surveillance.
African Lion, le plus grand exercice militaire multinational d’Afrique en 2026
Le général Dagvin RM Anderson, commandant de l’United States Africa Command (AFRICOM) et le sergent-major Garric M. Banfield ont placé l’exercice African Lion au centre des priorités pour 2026. Face à la montée des menaces terroristes transnationales portées par Daech, Al-Qaïda et leurs affiliés, cet exercice multinational, prévu en mai au Maroc, incarne l’ambition d’AFRICOM de renforcer l’interopérabilité, d’innover dans la lutte contre les menaces régionales et de consolider des partenariats durables à travers le continent.
African Lion 2026 s’annonce comme le plus ambitieux de l’histoire récente du commandement. Il réunira 19 pays africains, six pays européens, ainsi que des partenaires d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et d’autres régions indo-pacifiques. L’exercice se déroulera principalement au Maroc, avec des pôles d’activités en Tunisie, au Ghana et au Sénégal, afin d’appréhender la dimension régionale plutôt que de se limiter à un seul pays.
Cette structure multilatérale permettra de simuler des scénarios complexes : opérations de commandement et de contrôle interarmées, entraînements sur le terrain, tirs réels, manœuvres combinées air-sol-mer, cyber-défense et gestion de crises humanitaires. Le général Anderson a tenu à souligner la portée symbolique de cet événement.
« Alors que les États-Unis s’apprêtent à célébrer leur 250e anniversaire, pouvoir mener African Lion au Maroc est particulièrement important », a-t-il déclaré.
Le sergent-major Banfield a complété en mettant l’accent sur l’apprentissage mutuel. « Les opérations multinationales sont extrêmement complexes, comme nous l’avons constaté ces vingt dernières années. Il est essentiel de les pratiquer régulièrement pour renforcer l’interopérabilité entre nos partenaires », a-t-il expliqué.
African Lion offrira ainsi aux forces africaines, européennes et alliées l’occasion de s’entraîner ensemble dans des environnements réalistes, de partager les meilleures pratiques et d’améliorer la coordination tactique et stratégique. Au-delà de l’aspect militaire pur, l’exercice s’inscrit dans la vision plus large défendue par le général Anderson : créer un cercle vertueux où la sécurité favorise la stabilité, attire les investissements et génère la prospérité.